Historique de l’Athénée royal de Chênée

Historique de Chênée

Les orthographes du nom Chênée, en français et en wallon, ont été multiples avant le siècle dernier.


Il apparaît pour la première fois dans une charte du XIIe siècle. Certains pensent qu'à l'origine, ce nom était " chênaie ", c'est-à-dire endroit où abondent les chênes.

Situé au croisement de deux voies importantes, la chaussée romaine Tongres-Trèves et la route Jupille-Theux-Stavelot, Chênée s'est développé à proximité du gué aux vaches (lieu privilégié de franchissement de la Vesdre en amont de l'actuel pont de Lhonneux).

Chênée faisait partie du baillage de Jupille, appelé encore quartier d'Amercoeur, et appartenait à l'Evêque de Verdun qui l'avait reçu en bénéfice de l'Empereur d'Allemagne, Henri II, en 1008.

En 1266, l'Evêque de Verdun fit don du baillage de Jupille au Prince-Evêque de Liège, Henri de Gueldre, et les habitants du village devinrent des citoyens de la cité alors qu'ils dépendaient, sur le plan judiciaire, de la haute cour de Jupille et non des Echevins de Liège.

En 1318, le village fut incendié par Jean de Bohème en guerre contre le Prince-Evêque Adolphe de la Marck.

Il fut à nouveau brûlé en 1691 par les armées de Louis XIV conduites par le général de Boufflers. Il eut également à subir la retraite de l'armée autrichienne en 1794.

Tardif, le développement démographique de Chênée fut lié au développement des voies de communication routières et ferroviaires

En 1850, Chênée comptait seulement 3 000 habitants, nombre qui passa à plus de 7 000 en 1890, à près de 10 000 vers 1914 pour dépasser les 12 000 en 1960.

Chênée comprenait alors quatre sous-quartiers : le Centre, les Thiers, le Lhonneux et, sur le plateau, Mehane qui, lors des fusions des communes, fut rattaché à Chaudfontaine tandis que le reste de la commune rejoignait la nouvelle entité liégeoise.

Des châteaux et des ponts ...

Issu d'un petit château-fort qui devait remonter aux années 1200, le château de Beaufraipont, près de l'Ourthe, vaste propriété de 70 hectares, fut détruit en 1930. Le château de Chênée, construit en 1661 par le verrier liégeois Bounam, prit le nom de son dernier occupant, Pirlot, propriétaire de la fonderie Cuivre et Zinc. Cet édifice fut détruit au début du XXe siècle afin de permettre l'extension de cette industrie.

Le château-ferme de Gaillarmont a été cédé aux Filles de la Croix et est devenu le sanatorium, puis la clinique des Bruyères.

 

 

Historique de l'école


•   1937 : Les débuts ...
Un arrêté royal du 25 septembre créa donc une section d'athénée à Chênée.

 27 garçons et 9 filles se présentèrent à l'inscription et, dans l'attente de locaux adéquats, les deux classes de sixième se trouvèrent logées dans les combles de l'hôtel de ville. 
Par dépêche du 9 septembre, M. Eugène Duchesne, professeur de géographie à l'Athénée Royal de Liège, devenait - pour dix-huit ans - le Préfet des Etudes de l'établissement, tout en y assumant provisoirement les cours de géographie et de morale. MM. l'abbé Deblond, Marique (français, latin, histoire) Froidebise (langues germaniques), Renard (mathématiques, sciences), Vanderhaege (dessin, travaux manuels), Michel (musique), Doudlet (éducation physique), Melle Godinas (économie domestique et travaux à l'aiguille) et Mme Fouarge (éducation physique) se voyaient chargés de gagner ce pari sur l'avenir de l'enseignement général.

1938 - 1943 : Les premiers travaux ...

L'année suivante, trois nouvelles sixièmes montent à leur tour aux combles, tandis que les deux cinquièmes trouvent logis à la vieille école primaire de la rue Bourdon. 
En 1939, conformément aux plans de l'architecte Albert Poncin, débutent les premiers travaux de construction : une tranche de neuf locaux sur trois niveaux, orientés est-ouest, sur l'emplacement du jardin de l'école primaire des filles; ils seront occupés deux ans plus tard; en 1941-1945 viendront s'y accoler six autres, toujours sur trois niveaux, en même temps qu'une salle d'étude, surmontée d'une salle de sciences.

 

•   1943 - 1955: Une bombe volante sur l'école ...

L'Athénée compte maintenant 334 élèves : 249 garçons et 85 filles, soit une proportion de 75 et 25 % qui se modifiera par la suite.
 L'Occupation touche à sa fin. Du toit du bâtiment, on aperçoit les bombardements lointains qui visent le pont du Val-Benoît. Les alertes se succèdent et c'est au bruit des sirènes que les professeurs font passer les épreuves orales dans les caves servant d'abris. Puis c'est l'immense joie de la Libération, endeuillée toutefois par la mort de M. Unckel, le mari de la concierge Marguerite, courageusement grimpé sur le premier char américain apparu, pour le guider.
 Pour l'Athénée, ce n'est pourtant pas l'accès à une vie normale, car, dès octobre, l'armée américaine réquisitionne les bâtiments ; pour y pénétrer, M. Lhomme, l'économe, devra présenter un laissez-passer en bonne et due forme mais, d'autre part, Marguerite bénéficiera du privilège d'être soignée à titre gracieux par le dentiste noir de l'armée américaine.
 Tout l'hiver 1944, on aura donc recours à un système de travail adapté aux circonstances : chaque lundi, les élèves gagnent le domicile du professeur le plus proche et lui remettent leurs devoirs de la semaine;
 chaque mardi, les professeurs se réunissent pour se distribuer les travaux à corriger, reprennent les devoirs annotés par leurs collègues, qu'ils rendent le lendemain aux élèves de leur voisinage.
 Le 16 décembre, le jour même de l'offensive Von Rundstedt, un V1 pique droit sur l'Athénée, y blesse de nombreux soldats américains, et fait de nombreux dégâts. L'Athénée obtient alors de l'administration communale d'occuper jusqu'à Pâques, à mi-temps - une semaine, le matin; la suivante, l'après-midi - l'école primaire des Thiers, et ce fut un vrai plaisir que cette période d'enseignement dans une école de plain-pied dont toutes les classes donnaient sur une vaste cour.
 1945: c'est le retour des prisonniers de guerre, MM. Doudlet, Laperches, Lemaire, Mouton et Malchair, mobilisés en 1939 et suppléés depuis par de jeunes licencié(e)s. C'est aussi le retour à la normale pour les enseignants enfin nommés, puis la promotion de la section d'athénée en Athénée Royal. C'est, pour les élèves, la distribution d'oranges et de petits pains blancs qui remplacent avantageusement les vitamines du temps de guerre, réparties avec tant de bonhomie par M. Deflandre.
 La remise en état des bâtiments s'effectue de 1945 à 1949, mais les travaux d'agrandissement ne reprendront qu'en 1948, par l'édification de six nouvelles classes - toujours sur trois niveaux - qui viennent se souder aux quinze autres. Cette construction en trois temps d'un bloc unique a entraîné la conséquence inattendue que l'Athénée de Chênée possède un point commun avec... la cathédrale de Quimper, dont le chœur n'est pas dans l'exact prolongement de la nef : quand le regard prend d'enfilade le couloir qui longe les classes, on remarque qu'il dévie légèrement à droite après l'escalier. On ne s'en aperçut qu'en abattant le mur qui coupait ce couloir en deux.
 Toujours en 1948 sont dessinées deux cours, chacune avec son préau et l'une d'entre elles dotée d'un coûteux abri anti-aérien qui, heureusement, ne servit jamais que de débarras. Est également édifié le gymnase des filles, avec vestiaire et douches, mais il ne sera occupé qu'en 1950, après la construction en sous-sol d'une chaufferie, qu'on avait tout simplement oublié de prévoir.
 De 1950 à 1952, c'est le tour du grand gymnase des garçons, également équipé d'un vestiaire et de douches, mais, en plus, d'une scène qui permettra, quelques années durant, des proclamations et des distributions de prix d'un style fleurant bon une époque actuellement révolue, aussi bien que des séances récréatives qui, grâce à leur qualité, attirèrent toujours la grande foule. Enfin s'effectue la première peinture intérieure des bâtiments.
 Ainsi se terminait, en 15 ans, l'édification de l'ancienne aile de l'Athénée qui s'étend, d'ouest en est, de la rue Bourdon à la rue Hippolyte Cornet. Ainsi allait bientôt s'achever également la carrière de M. le Préfet Duchesne, atteint par la limite d'âge en 1955. Son sens de la décision rapide, de l'efficacité immédiate et de l'organisation avait suscité et entretenu le dynamisme de son équipe, en même temps que Mlle Mariette Degey, professeur de français à l'établissement et devenue son épouse, contribuait, par son concours d'une discrétion sans faille, à l'atmosphère de camaraderie et d'entente d'un corps professoral que soudait l'égale jeunesse de tous ses membres.

 

1955 - 1974: Le boom démographique ... 
Pour succéder à M.Duchesne, le Ministre désigne le 16 juillet 1955 un philologue classique, ancien assistant à l'Université de Liège, professeur de français à l'Athénée Royal de Liège, M. Lucien Gailly, dont le premier souci et le premier acquis seront d'obtenir du Ministère la création d'un restaurant scolaire alors que la 6e tranche promise pour 1954 n'est même pas encore mise en adjudication. Le boom démographique, le bien-être généralisé, l'évolution des idées favorables à la meilleure formation générale et le bon renom de l'établissement, font littéralement exploser sa population. 
De 364 élèves qu'il comptait en 1955, elle grimpe en huit ans à 870, en provenance de 39 communes, et plafonne en 1970 à 1250 avec un pourcentage de filles doublé (45 % ). La petite section d'athénée toute familiale des années 40 et 50 s'est ainsi muée en un établissement surpeuplé, le plus important alors de la Belgique francophone, malgré la création d'écoles moyennes - devenues souvent par après athénées - : Soumagne, Esneux, Jupille, Saint-Joseph de Chênée, Forêt-Trooz, Beyne-Heusay, Angleur; malgré l'extension en athénées des écoles moyennes d'Aywaille et Saucy de Liège ; malgré l'adjonction de classes de lycée aux écoles normales. Pareille expansion galopante prit de court l'Etat et les Travaux publics et valut malheureusement à l'Athénée des conditions de travail pires que celles de sa création.
 Décharger un peu le Préfet des Etudes était par ailleurs devenu une nécessité contraignante, même bien avant que la population n'atteignît les 720 élèves requis pour la désignation d'un proviseur. Il fallut attendre plus de 2 ans avant que fût nommé à ce poste un professeur de langues germaniques de l'Athénée, M.Gaston Destiné, qui entra en fonction à la reprise des cours de janvier 1961. 
Dès lors commença entre eux, pour treize années, une collaboration étroite à laquelle était associé M.Edmond Lhomme, l'Econome, dans une entente parfaite. 
Il fallut quatre ans, de 1956 à 1960, pour restaurer l'ancienne école de filles et pouvoir l'occuper. Cela ne suffit évidemment pas. Aussi, vu l'urgence, on mit en place quatre préfabriqués R.T.G. dans la grande cour et cinq autres, dès l'année suivante, sur le terrain vague qui sert actuellement de parking. Cela ne suffit toujours pas: voici, en 1966, quatre locaux C.A.P.A. qui viennent occuper l'emplacement de l'ancienne école de garçons, dont ne subsistent plus alors que des restes du mur extérieur, surmontés de fil barbelé, ce qui leur vaut le surnom de 'stalag'.
 Cela ne suffit pas encore : les deux années suivantes, on envahit l'ex-Maison du Peuple de la rue de l'Eglise, puis c'est le tour de l'ex-Maison des Oeuvres adjacente. Sans compter l'occupation d'une classe de l'école de la rue de l'Eglise.
 Bref, à cette époque, l'Athénée de Chênée, tout royal qu'il était, présentait à la vue l'ensemble le plus affreux de locaux hétéroclites qui se puisse concevoir pour une école et, ce qui est encore plus grave, de locaux "dotés d'un potentiel calorifique énorme rarement observé dans un établissement scolaire", (rapport de la Commission interministérielle d'incendie) et qui étaient un cauchemar quotidien pour la direction de l'Athénée.

 

Pour assister à leurs cours, les élèves, bousculés d'heure en heure et expédiés tous azimuts, se croisant et se recroisant dans des escaliers exigus, surgissant d'un vestiaire, d'un réduit ou d'un quelconque cagibi pour occuper un fond de couloir, un lavabo, un vieux local rénové à la hâte ou une vraie classe, subissant TROIS cours simultanés dans le gymnase garçons - sans compter un quatrième, fait sur la scène - gardent pourtant de cette époque le souvenir d'une école vivante et efficace.
 Citons encore, dès 1957, l'aménagement d'une cabine de projection dans le gymnase garçons, avec occultation de la salle, écran, rideaux de scène, tentures et, onze ans après, toujours grâce à M. Zinner, l'aménagement d'une petite piscine.


 

 3 mars 1969 : suite à la visite du Ministre Abel Dubois, un crédit de 53 millions de francs est libéré pour l'édification de bâtiments définitifs, qui formeront avec l'ancienne aile du nord un quadrilatère entourant une cour centrale et limité par les rues Bourdon, de l'Eglise et Hippolyte Cornet.
 Et, un beau jour de 1972, le 27 janvier, le mur de séparation entre l'ancienne et la nouvelle aile est percé, dévoilant les quelques marches qui les relient. 
Moyennant ces concessions au modernisme, voici enfin une école dotée de locaux de sciences appropriés, d'une grande piscine, d'un escalier monumental, d'un ascenseur et d'une conciergerie. Le 31 août 1974, M. le Préfet Gailly, désireux de se consacrer à sa famille, quitte son poste après 19 ans  de fonction. Sous sa direction alliant fermeté et bienveillance, traditionalisme éclairé méfiant à l'égard des modes saisonnières mais aussi sens pédagogique ouvert à tout ce qui peut contribuer à la formation humaniste des élèves, l'Athénée grandit dans un cadre qui n'était pas à la mesure de ses nécessités ni de sa réputation.


 

1974 - 1987: Les aménagements ... 
Ces deux longs " règnes ", propices à une direction cohérente de l'établissement, vont être suivis d'une période de six ans de directions de courte durée.
 M. le Proviseur Destiné continuera avec la conscience qu'on lui a connue le travail de M. Gailly jusqu'au 12 février 1975 ; M. Marcel Berque, Préfet de l'Athénée de Jupille, désigné à Chênée, introduira le rénové à l'établissement et cédera la place, le 24 août 1978, à M. André Bodart, Préfet de l'Athénée d'Andenne, détaché à Chênée, qui profitera de l'aménagement de l'avant-dernière aile de l'établissement, celle qui longe la rue de l'Eglise et comprend, outre des classes, la nouvelle cuisine, le restaurant scolaire, les bureaux administratifs, la salle des professeurs, la bibliothèque et le Centre psycho-médico-social. Restera donc à bâtir, à une date qu'on n'ose actuellement espérer très proche, la dernière aile qui fermera le quadrilatère planifié autour de la "grande" cour et qui est prévue pour recevoir le hall omnisports qui fait si cruellement défaut.


 

C'est donc un Athénée aux trois quarts achevé que trouvera le 1er  juillet 1980, M. Guy Derooz, professeur de français à l'Athénée de Verviers, désigné pour succéder à M. Bodart.
 Disons dès à présent qu'il va avoir six ans et demi pour marquer de sa note personnelle l'atmosphère de l'établissement et qu'il y parviendra de manière telle que son départ, le 31 janvier 1987, sera unanimement regretté, alors qu'il était appelé à exercer sa mission à une époque particulièrement troublée. Réformes de structures, de programmes et de méthodes se succédaient à un rythme soutenu, développant un profond malaise dans le monde enseignant ; l'autonomie financière enfin octroyée aux écoles n'était permise que dans le cadre d'un budget réduit; les mesures de rationalisation et d'économie, portant atteinte au statut du personnel, créaient insécurité, découragement, voire drames et mouvements sociaux de protestation. M. Derooz donna alors la pleine mesure de son caractère et de ses talents, comme l'a rappelé M. Camal dans son allocution lors de la séance d'adieu : sa modération, sa diplomatie, son sens des responsabilités, son idéal élevé exercèrent une influence apaisante dont les effets se firent sentir même à l'extérieur de l'établissement.
 L'Athénée reprit d'année en année la progression de ses effectifs, jusqu'à atteindre le chiffre de 1 078 élèves en 1985-1986. En effet, il avait réussi à maintenir l'établissement dans le droit fil de la tradition humaniste, tout en lui assurant l'indispensable promotion pédagogique.

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